Vision : Paris doit donner sa chance à tous

Je suis candidat à l’investiture de La République en Marche pour l’élection municipale de 2020 à Paris. Aujourd’hui, j’ai un projet et une volonté forte pour cette ville. 

Que représente Paris pour vous ?

Paris, c’est la ville qui donne sa chance à tout le monde. J’ai eu la chance de grandir à Paris, c’est là que j’ai construit ma vie. Mes parents sont arrivés du Maroc dans les années soixante-dix et ils se sont installés dans le 12èmearrondissement. Ils n’auraient jamais osé imaginer avoir un fils qui devienne ministre. Si j’ai réussi, c’est grâce à l’école de la République, grâce à l’éducation de mes parents, parce que j’ai beaucoup travaillé mais aussi parce que Paris a été pour moi le lieu de toutes les opportunités. On vient à Paris pour étudier, pour créer, pour travailler, pour entreprendre, pour aimer, pour construire sa vie.

C’est toujours le cas ? 

C’est de plus en plus difficile. Paris perd des habitants, près de 12 000 par an. C’est le signe que quelque chose ne fonctionne plus, que Paris a de plus en plus de mal à tenir cette promesse. C’est avec cela qu’il faut renouer.

D’où vient le problème selon vous ?

Le coût du logement d’abord… mais pas uniquement. A Paris, il est de plus en plus difficile de se déplacer, et le temps que nous perdons dans les transports, c’est du temps que nous volons à nos proches et à nous-même. Les parisiens que j’ai rencontré ces derniers mois ont exprimé un fort sentiment d’insécurité. Ils ont aussi évoqué leurs difficultés à trouver une alimentation saine et abordable. Il y a enfin l’image déplorable que la ville renvoie à ses habitants d’eux-mêmes : c’est pour cette raison que la question de la propreté est aussi importante.

Quand on fait la somme de tous ces obstacles, on comprend pourquoi certaines personnes décident de quitter Paris où renoncent à venir s’y installer. Paris doit redevenir la ville du possible.

Si vous vous souvenez de la campagne d’Emmanuel Macron en 2017 et si vous regardez tout ce que nous essayons de faire au gouvernement, on retrouve toujours cette idée d’émancipation : faire en sorte que les gens puissent reprendre le contrôle de leur vie, ne pas être empêchés. Fondamentalement, cela revient à dire qu’on ne peut jamais réussir totalement seul. C’est cette même vision que je veux porter pour Paris.

En quoi cette vision est-elle différente de celle des autres candidats ?

Je pense qu’on ne gagnera pas cette élection en disant simplement : « on va mieux gérer la ville, on va mieux gérer les travaux » ou encore « avec nous les problèmes sur les vélos en libre-service n’auraient pas eu lieu ». On ne gagnera pas non plus en portant un projet totalement abstrait, aussi inspirant soit-il.

Pour gagner la confiance et le cœur des parisiennes et des parisiens, nous devons construire une vision qui ait du sens, l’incarner et la transcrire de façon très concrète dans nos propositions.

Un travail incroyable est en train de se réaliser au sein de La République en Marche pour construire notre programme. Il couvrira tous les aspects de l’action municipale avec des propositions précises et financées.

La principale contrainte pour les parisiens se situe au niveau du logement. Quelles sont vos propositions dans ce domaine ?

Commençons par le cas des plus démunis. Je crois que nous devons et que nous pouvons régler la question de l’hébergement et de la réinsertion des personnes sans-abris dans la capitale d’ici à la fin de la prochaine mandature. Nous devons être extrêmement déterminés sur la question de l’hébergement d’urgence qui est un sujet sur lequel – quoi qu’en dise l’actuelle maire de Paris – l’État et la ville collaborent déjà… mais ce n’est pas suffisant. C’est la raison pour laquelle je souhaite que Paris s’engage complètement dans la politique « un chez soi d’abord». On a longtemps considéré que pour les personnes sans-abris, l’accès à un logement stable était l’aboutissement d’un long travail de réinsertion. Comment voulez-vous vous soigner, trouver un emploi, renouer avec votre famille, régler vos problèmes si vous ne savez pas où vous pourrez passer la prochaine nuit ? Plusieurs grandes villes étrangères, je pense notamment à Helsinki ou à Manchester, se sont engagées dans cette voie. Notre gouvernement a lancé des initiatives importantes dans ce sens et nous savons désormais que cela fonctionne. Nous pouvons maintenant passer à la vitesse supérieure. C’est un projet coûteux mais la solidarité, c’est un investissement ! Je vais donc créer un fonds pour financer cette politique et faire appel à la responsabilité des grandes entreprises et des particuliers qui en ont les moyens. Comme symbole de ma détermination sur le sujet, je verserai tous les mois 20% de mon salaire de maire dans ce fonds. Je crois beaucoup plus à cette politique qu’au mobilier urbain « anti-SDF » qu’on retrouve partout à Paris et dont nous devons avoir honte.

Mais la question du logement ne se limite pas aux sans-abris. C’est un problème qui se pose à tous les parisiens. Les solutions mises en œuvre depuis 15 ans n’ont pas été à la hauteur des enjeux. Lorsque la Ville achète un quatre-pièces au prix du marché pour le transformer ensuite en logement social, elle ne crée pas de nouveau logement, elle dépense juste de l’argent public. Or, du foncier existe encore aux franges de Paris et aux alentours. Maire de Paris, je réunirai une fois par mois l’ensemble des acteurs du privé et du public dans le cadre d’un grand conseil parisien du logement. Chaque mois, nous prendrons les dossiers un-à-un, lèverons les obstacles administratifs et mettrons d’accord tous les acteurs concernés.

Vous avez évoqué la question de la sécurité…

Je crois aussi qu’il est temps de créer les conditions d’une sécurité durable à Paris. Dans chaque quartier une équipe de policiers de Paris sera en relation directe avec le maire d’arrondissement et avec les habitants. Cette police de Paris sera armée pour assurer les conditions de sa propre sécurité. Sa mission sera de mettre fin aux trafics et aux actes de petite délinquance qui peuvent pourrir la vie de nos concitoyens, mais aussi faire le travail de suivi que parfois n’ont pas forcément le temps de faire les forces de l’ordre. Lorsqu’il y aura eu un problème dans un immeuble, les policiers de Paris pourront revenir le lendemain et vérifier que tout va bien.

Quelles sont vos autres propositions majeures ?

La question de notre alimentation est pour moi centrale. Plus que n’importe quelle autre ville, Paris propose à ses habitants un choix très vaste mais souvent à un coût prohibitif. Nous devons nous poser la question : notre alimentation est-elle saine ? Nos habitudes sont-elles responsables ? Je veux utiliser tous les leviers dont dispose la ville pour montrer qu’une autre voie est possible en augmentant encore plus la part des repas bio dans les cantines scolaires, dans les EPHAD et dans tous les établissements qui dépendent de la ville de Paris. Pour y parvenir, nous financerons chaque année des projets portés par des agriculteurs d’Ile-de-France pour recréer une véritable ceinture nourricière autour de la capitale. Nous soutiendrons également l’agriculture urbaine. On sous-estime souvent le rôle de l’alimentation dans la lutte contre le changement climatique : 44% de l’empreinte écologique de Paris est liée à notre façon de nous alimenter. L’urgence écologique nous impose d’explorer toutes les solutions à notre disposition ! C’est là que se situent nos plus grandes marges de progrès.

Enfin, comme sur beaucoup de sujets, la politique parisienne en matière de propreté s’est faite sans les habitants et c’est la raison pour laquelle elle ne fonctionne pas. Les agents parisiens de la propreté font un travail énorme mais ils ne sont pas suffisamment reconnus et la gestion des questions liées à la propreté est encore trop lointaine. Je souhaite que nous soyons tous engagés sur ce sujet. Dans chaque quartier un groupe de cantonniers sera chargé d’assurer la propreté quotidienne. Ces agents seront désormais visibles, connus des habitants et en relation directe avec eux. Lorsque vous connaissez la personne qui nettoie votre rue, je peux vous assurer que vous faites plus attention ! Régulièrement, ces agents organiseront des opérations ciblées avec les habitants pour remettre un état un quartier comme j’ai eu l’occasion de le faire avec les habitants du 19èmearrondissement.

Comment va s’organiser votre campagne dans les arrondissements ?

Nous ferons campagne partout et tout le temps. Traditionnellement à Paris, on considère que les arrondissements de l’Ouest sont acquis à la droite et que l’Est parisien est acquis à la gauche. Les candidats concentrent donc leurs efforts sur les arrondissements qui peuvent basculer pour espérer l’emporter. Ce temps est révolu. Nous porterons nos propositions – les mêmes propositions – dans tous les arrondissements et dialoguerons avec tout le monde. Au-delà de l’impérieuse nécessité de réconcilier les parisiens pour dépasser les a prioriet les clivages partisans, c’est pour moi une question d’éthique politique : ne jamais tomber dans le piège du double-discours, faire preuve d’une écoute et d’une attention inconditionnelles.