Renforcer la sécurité des parisiennes et des parisiens à l’aide de la technologie

A Paris, la sécurité est devenue un sujet de préoccupation majeur pour les habitants. Qu’il s’agisse des femmes agressées dans l’espace public, des personnes LGBT victimes de violences, du racket à la sortie de certains collèges, du deal, des attroupements ou encore des nuisances sonores, la situation semble s’être fortement détériorée ces dernières années.

J’ai eu l’occasion de présenter, dans un entretien accordé au Journal du Dimanche le 28 avril 2019, plusieurs mesures pour renforcer la sécurité des parisiennes et des parisiens.

Au-delà de la police municipale que je souhaite déployer à l’échelle des 240 quartiers de Paris, il me semble indispensable d’utiliser toutes les possibilités offertes par la technologie pour renforcer la sécurité des parisiennes et des parisiens.

En matière de détection et de prévention, nous pouvons faire des progrès significatifs en améliorant les dispositifs de vidéo-protection existants. Les systèmes de vidéo-protection déployés dans l’espace public, dans les stations de métro ou dans le parc social de la ville de Paris sont bien souvent incompatibles les uns avec les autres et la qualité des images collectées est parfois insuffisante. Je propose de compléter les moyens déjà mis en œuvre par une vidéo-protection légère et temporaire qui pourrait être installée sur les lieux où des agressions ont eu lieu ainsi que par l’utilisation de caméras Lidar. Ces caméras nouvelle génération sont « capables de détecter tous les dangers tout en préservant la vie privée ». Elles peuvent ainsi « repérer un accident, une chute, une altercation, sans enregistrer les visages afin de préserver les libertés publiques ».

Je suis également convaincu de l’intérêt que peuvent représenter certaines solutions technologiques pour améliorer le signalement des problèmes par les habitants. 20 000 boutons bleus d’urgence seront installés dans les rues de Paris pour appeler les forces de l’ordre. « Plusieurs villes dans le monde utilisent déjà ces boutons interphone, en Grande-Bretagne ou à Mexico par exemple [avec Thales], où les interventions policières après signalement sont passées de plus de 10 minutes à moins de 5 minutes. Une expérimentation est menée aujourd’hui à Marseille. » Les agents de la sécurité parisienne accompagnent déjà les personnes âgées qui en font la demande lorsqu’elles souhaitent retirer de l’argent à la banque. Je souhaite aller plus loin en équipant toutes les personnes vulnérables de boutons portables. Enfin, dans le cadre de la démarche de vigilance citoyenne que je souhaite mettre en place, je proposerai par ailleurs aux parisiennes et aux parisiens une application Smartphone « Paris Urgence Sécurité » qui permettra à chacun de signaler les agressions ou les actes délictueux dont il pourrait être témoin afin d’appeler les forces de l’ordre.

Enfin, la technologie devra permettre à la Police municipale de réagir rapidement et efficacement. « J’envisage ainsi de déployer des drones de protection équipés de caméras, qui se rendront très rapidement sur les lieux signalés » afin de collecter des images de bonne qualité. « Il y en aura un par quartier, soit 240 drones. Ils seront pilotés par des agents spécialement formés. » Il ne s’agit évidemment pas de drones qui patrouilleront en permanence dans les rues de Paris ni même de drones d’intervention, mais d’outils qui permettront aux forces de l’ordre d’obtenir des informations plus rapidement en cas d’urgence.

Déployer une police municipale dans les 240 quartiers de Paris

Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche le 28 avril 2019, j’ai présenté plusieurs mesures pour renforcer la sécurité des parisiennes et des parisiens.

Ayant grandi dans l’Est Parisien et étant député du 19ème arrondissement, je considère que « la sécurité n’est ni de droite ni de gauche » : il s’agit d’un sujet important dans tous les arrondissements de Paris car il touche à la vie quotidienne des habitants. « Partout dans Paris, des femmes et des personnes LGBT craignent d’être agressées. Les parents ont peur pour leurs enfants. Il y a des bandes et des dealers [et des] incivilités, comme les dépôts d’encombrants […] ou des nuisances sonores. »

Pour renforcer la tranquillité publique, je souhaite créer une police municipale de proximité qui sera coordonnée par les maires d’arrondissement. « Il faut recréer du lien avec ceux qui nous protègent. La fameuse police municipale ne doit pas être affectée à la surveillance de l’Hôtel de Ville, des mairies d’arrondissement et des bâtiments municipaux ; elle doit patrouiller dans les rues » [à Paris, 1000 agents sont aujourd’hui affectés dans les bâtiments municipaux].

En lien avec mon projet du Paris des 240 quartiers, je constituerai des équipes dédiées à chaque quartier de Paris. « Deux agents dédiés seront à disposition 24h/24 – ce qui nécessite entre huit et douze agents par quartier. Ils seront ainsi à moins de cinq minutes à pieds ou à vélo pour intervenir en cas d’urgence. » Dans chaque quartier, les agents de la police de proximité seront chargés de patrouiller dans les rues, d’intervenir en cas d’urgence, de nouer un contact privilégié avec les habitants mais également d’animer un conseil de la sécurité de quartier.

Construire le Paris des 240 quartiers

Dans une interview accordée le 26 avril 2019 au site d’information Maddyness, j’ai eu l’occasion de présenter le Paris des 240 quartiers.

« Comme une startup cible son audience, une mairie doit connaître ses habitants et trouver le meilleur moyen de répondre à leurs besoins. Cela passe par le découpage de la Ville de Paris en 240 quartiers dans lesquels les habitants pourraient créer un lien avec les agents municipaux qui s’en occupent. »

Ces nouveaux quartiers de Paris seront composés de 8 à 10 rues maximum (10 000 habitants environ). Contrairement aux conseils de quartiers actuels, ils ne seront pas uniquement un lieu d’expression de la démocratie participative mais seront également un lieu de proximité avec les services municipaux. « On parle par exemple beaucoup de propreté, mais les citoyens ont peu de visibilité sur ce que fait la ville à ce niveau. Je pense à une application qui permettrait aux habitants d’un quartier de voir quels sont les cantonniers qui sont en charge de leur zone d’habitation et à quel moment ils le font. »

L’échelle du quartier constituera également l’échelle pertinente pour traiter les questions relatives à la sécurité et à la tranquillité publique. Dans chaque quartier, deux agents de sécurité seront disponibles en permanence (ce qui nécessitera de constituer des équipes de 8 à 12 agents par quartier). Les agents de cette Police municipale de proximité seront ainsi connus des habitants et pourront intervenir en moins de 5 minutes à pieds ou à vélo en cas d’urgence.

Créer des équipes de cantonniers de quartier

Les parisiennes et les parisiens que j’ai eu l’occasion de rencontrer depuis plusieurs mois on tous fait le même constat : Paris est de plus en plus sale et cette situation est vécue par les habitants comme une humiliation quotidienne. L’époque où le problème de la propreté à Paris se limitait aux déjections canines dans quelques rues est révolue : on parle aujourd’hui de rats dans Paris et de dépôts sauvages de détritus.

Au-delà de la question de l’inefficacité des moyens mis en œuvre, se pose un problème de souffrance sociale auquel le progressiste que je suis ne peut rester insensible. En effet, il règne un immense malaise social dans les services de la propreté (près de 6800 agents) : le taux d’absentéisme s’élevait en 2017 à près de 13%. Dans n’importe quelle entreprise, cette situation serait interprétée comme un cri d’alerte.

Un problème d’organisation

La gestion de la propreté est organisée depuis la mairie centrale, de façon presque industrielle et assez loin des réalités de terrain. Les nombreux agents de la propreté que j’ai eu l’occasion de rencontrer ont exprimé un manque de reconnaissance et des règles de fonctionnement parfois absurdes les conduisant à ne nettoyer qu’une partie des trottoirs dont ils ont la charge.

Conscients du problème, Anne Hidalgo et ses équipes ont inventé une application qui s’appelle « Dans ma rue ». Derrière le coup de communication, on trouve un aveu d’impuissance : au lieu de confier la gestion des problèmes de propreté par les agents de la ville, le suivi des signalements envoyés par les parisiens est confié à prestataires privés.

Revenir à la logique du cantonnier de quartier

Je propose de revenir à une approche très locale, qui serait coordonnée par les maires d’arrondissement. Maire de Paris, je constituerai des équipes de 5 à 10 cantonniers qui auront la charge d’un petit secteur : 8 à 10 rues, pas plus. Ces cantonniers seront identifiés de tous les habitants du quartier et animeront des réunion mensuelles avec les habitants. Je suis convaincu que cette proximité avec les habitants aura un effet sur les comportements individuels et pourra redonner du sens au travail des agents de la propreté. 

Un autre point auquel je crois beaucoup, c’est l’implication de tous les citoyens sur ce sujet. Depuis quelques mois sur les réseaux sociaux, on voit apparaître des « Trash Challenges ». Les gens postent une photo d’un endroit très sale, ils mobilisent leurs amis pour le nettoyer et postent la photo du résultat. Les cantonniers de Paris auront donc également pour mission de mobiliser les habitants une ou deux fois par an. Nous pouvons tous être des acteurs de la propreté de Paris !

Créer une cellule en charge de lever des fonds

Nous avons tous été touchés par le terrible incendie qui a eu lieu à Notre-Dame de Paris. En quelques heures, la générosité des français a permis de collecter près d’un milliard d’euros pour reconstruire la cathédrale. Ce formidable élan de solidarité n’a pas manqué de soulever des questions : « Comment est-il possible de réunir autant d’argent en si peu de temps alors qu’il y a de graves problèmes sociaux dans le pays, qu’on nous dit que les caisses sont vides ? »

Lorsqu’elles sont sollicitées, les personnes fortunées et les grandes entreprises peuvent se mobiliser. Ce qu’il a été possible de faire pour Notre-Dame de Paris, nous pourrons le faire demain pour Paris.

Créer une équipe de levée de fonds

Une fois élu maire de Paris, je vais donc créer une petite équipe chargée de lever des fonds à la Ville de Paris pour financer des grands projets. Avant d’entrer en politique, j’ai été entrepreneur. Lever des fonds, aller voir des investisseurs, convaincre, argumenter : tout cela fait partie du travail de n’importe quel créateur d’entreprise et deviendra une des responsabilités du Maire de Paris.

J’ai déjà évoqué la question du logement des personnes sans-abris. Régler ce problème couterait entre 60 et 100 millions d’euros par an, soit moins d’un dixième des fonds collectés en quelques jours pour Notre-Dame. Maire de Paris, je vais donc créer un fonds pour financer ce projet et j’y consacrerai 20% de mon salaire pour montrer ma détermination.

Sur la mobilité et les transports, sur la culture, sur la pollution, nous aurons beaucoup d’autres projets à mener. A nous de trouver des financements innovants qui puissent compléter les financements publics traditionnels.

Animer la communauté des acteurs du logement

Se loger à Paris est devenu très difficile. Les loyers parisiens sont en moyenne deux fois plus élevés que dans le reste de l’Ile-de-France. Pour celles et ceux qui souhaitent acquérir leur logement, la situation est également très difficile : faute d’offre suffisante, le prix du mètre carré a doublé en quinze ans. Le résultat, c’est que Paris perd chaque année 12 000 habitants. Face à cette situation devenue intenable, que peut faire le Maire de Paris ?

Favoriser la construction à l’intérieur de Paris

Il faudra tout d’abord favoriser la construction à l’intérieur de Paris. À Porte de la Villette, dans le 19ème, il existe par exemple plusieurs hectares complètement bétonnés et laissés à l’abandon. Il serait par exemple possible d’y créer un nouvel éco-quartier. Des terrains constructibles comme celui-ci sont rares mais il en existe encore, qu’ils appartiennent à l’Etat, à la SNCF, ou à d’autres acteurs. Et ils ne sont pas utilisés depuis de nombreuses années. Une fois élu maire de Paris, je veillerai à ce que des nouveaux quartiers puissent voir le jour partout où c’est possible.

Organiser la continuité territoriale avec la proche banlieue

La solution passe ensuite par un changement d’échelle. Avec ses 105 kilomètres carrés, Paris est un espace contraint (à titre de comparaison, la surface de Berlin est de 892 kilomètres carrés). Nous devrons donc organiser la continuité territoriale entre Paris et les communes limitrophes. Entre le 15ème arrondissement et Issy-les-Moulineaux, entre le 14ème et Malakoff ou entre le 19ème et Aubervilliers, Saint-Ouen et Pantin; des solutions existent (passerelles, immeubles ponts, couverture) pour renforcer le lien entre Paris et sa banlieue immédiate.

Coordonner les acteurs du logement (publics et privés)

Enfin, mon rôle de maire de Paris sera aussi d’animer la communauté des acteurs du logement à Paris et autour de Paris en associant les promoteurs, les bailleurs, les financeurs, l’État, la Région, la ville de Paris et les communes de proche banlieue. Tous les mois, nous tiendrons une réunion de travail pour faire avancer ensemble les projets et lever les obstacles.

Faciliter la mobilité dans le parc social de la Ville de Paris

Aujourd’hui à Paris, il y a plus de 240 000 demandes de logement sociaux en attente. Si on ne tient compte que des demandes formulées par les seules familles parisiennes, ce sont plus de 130 000 dossiers qui sont en stand-by. Mais seulement ~11 000 logements sociaux sont attribués chaque année… la file d’attente est donc gigantesque.

Voilà un des nombreux paradoxes du logement social à Paris : plus de 70% des foyers parisiens sont éligibles à au moins un type de logement social, mais rare sont ceux qui peuvent un jour espérer en bénéficier. La majorité municipale à beau souligner le montant des investissements réalisés depuis de nombreuses années sur ce sujet, force est de constater que sa politique du logement social ne fonctionne pas.

Mieux informer les demandeurs de logements sociaux

Il convient tout d’abord de mieux informer les demandeurs de logements sociaux. Lorsque j’étais enfant, mes parents envoyaient chaque année leur formulaire de renouvellement de demande de logement social et n’avaient jamais aucune nouvelle des services municipaux. Cette époque est révolue, mais il faut encore renforcer l’information de demandeurs. Combien de fois mon dossier a-t-il été présenté devant une commission d’attribution ? Pourquoi est-ce qu’il n’a pas été retenu ? Quelles étaient les caractéristiques des dossiers qui viennent d’être acceptés ? Quelles sont mes chances d’obtenir un logement social cette année ? l’an prochain ? dans cinq ans ? Les demandeurs de logement social doivent pouvoir avoir des réponses à ces questions à tout moment en consultant l’état d’avancement de leur demande sur Internet.

Libérer des logements sociaux en accompagnant les familles

Il nous faudra ensuite fluidifier d’avantage la gestion du parc social. Pour certains locataires dont les enfants ont quitté le domicile familial, l’appartement est devenu trop grand. Pour d’autres qui ont changé d’emploi, il est désormais trop éloigné de leur lieu de travail. Dans de très nombreux cas, le logement social devient une trappe à pauvreté : une fois obtenu le précieux sésame, il devient quasiment impossible de retourner dans le parc privé. Je considère que le logement social ne doit pas être une situation à vie mais une étape dans un parcours de vie : la ville doit donc permettre à ses habitants de bénéficier d’un logement social lorsqu’ils en ont besoin mais elle doit également renforcer ses efforts pour les aider à en sortir en devenant propriétaire. C’est en augmentant la mobilité des locataires que nous pourrons permettre à de nouvelles familles d’accéder au logement social.

Rompre avec la politique de transformisme immobilier de la Ville de Paris

Enfin, nous devrons en finir avec l’hypocrisie de la création des nouveaux logements sociaux. Sous cette mandature, la ville de Paris aura dépensé plus de 800 millions d’euros pour acheter des appartements dans le parc privé. Ces opérations ne permettent pas de créer des logements supplémentaires à Paris. Dans la plupart des cas, ces appartements sont d’ailleurs déjà occupés par des locataires. Cette politique est absurde… et contre-productive puisqu’elle contribue à faire monter les prix de l’immobilier à Paris. Une fois élu Maire de Paris, je souhaite donc privilégier la construction de nouveaux logements et le réaménagement de bureaux pour produire du logement social.

Sur le dossier du logement social comme sur celui du logement privé, une politique ambitieuse à l’échelle de la métropole est indispensable. C’est le projet que je porterai une fois élu Maire de Paris.

Un chez soi d’abord, c’est possible !

3 622. C’est le nombre de personnes sans-abris recensées lors de la dernière Nuit de la solidarité pour la seule ville de Paris. Derrière ce chiffre, des vies brisées, l’isolement, la souffrance, une réalité sociale indigne de notre pays et de sa capitale.

L’État et la Ville de Paris collaborent étroitement sur la question de l’hébergement d’urgence mais comment trouver un emploi, renouer avec sa famille, se soigner et régler ses problèmes lorsqu’on ne sait pas où passer la nuit ? L’hébergement d’urgence est une obligation mais il ne peut pas constituer notre seule réponse à cette situation dramatique.

Nous devons faire mieux ! Nous pouvons faire mieux !

Plusieurs villes telles que Helsinki ou Manchester ont montré la voie : un chez-soi d’abord. L’accès au logement ne doit plus être l’aboutissement d’un long itinéraire fait d’itinérance et de galères mais un préalable inconditionnel.

Depuis 2011, à Paris, à Lille, à Toulouse, à Marseille, des expérimentations ont été conduites sous l’impulsion d’associations telles que Aurore. En 2017, le dispositif a même été étendu à l’ensemble du pays. Ce programme fonctionne et il est aujourd’hui grand temps de passer à la vitesse supérieure. Je propose d’accélérer le programme un chez-soi d’abord à Paris.

C’est un projet coûteux (de l’ordre de 15 000 euros par an et par personne accompagnée) mais je considère que la solidarité est un investissement.

N’opposons pas les plus fortunés aux plus démunis. À terme, il nous faudra réunir au moins 60 millions d’euros par an pour monter en puissance. Une fois élu, je vais donc créer un fonds pour financer cette politique et faire appel à la responsabilité des grandes entreprises et des particuliers qui en ont les moyens.

Comme symbole de ma détermination sur le sujet, je verserai tous les mois 20% de mon salaire de maire dans ce fonds. Je crois beaucoup plus à cette politique qu’au mobilier urbain « anti-SDF » qu’on retrouve partout à Paris et dont nous devons avoir honte.

Vision : Paris doit donner sa chance à tous

Je suis candidat à l’investiture de La République en Marche pour l’élection municipale de 2020 à Paris. Aujourd’hui, j’ai un projet et une volonté forte pour cette ville. 

Que représente Paris pour vous ?

Paris, c’est la ville qui donne sa chance à tout le monde. J’ai eu la chance de grandir à Paris, c’est là que j’ai construit ma vie. Mes parents sont arrivés du Maroc dans les années soixante-dix et ils se sont installés dans le 12èmearrondissement. Ils n’auraient jamais osé imaginer avoir un fils qui devienne ministre. Si j’ai réussi, c’est grâce à l’école de la République, grâce à l’éducation de mes parents, parce que j’ai beaucoup travaillé mais aussi parce que Paris a été pour moi le lieu de toutes les opportunités. On vient à Paris pour étudier, pour créer, pour travailler, pour entreprendre, pour aimer, pour construire sa vie.

C’est toujours le cas ? 

C’est de plus en plus difficile. Paris perd des habitants, près de 12 000 par an. C’est le signe que quelque chose ne fonctionne plus, que Paris a de plus en plus de mal à tenir cette promesse. C’est avec cela qu’il faut renouer.

D’où vient le problème selon vous ?

Le coût du logement d’abord… mais pas uniquement. A Paris, il est de plus en plus difficile de se déplacer, et le temps que nous perdons dans les transports, c’est du temps que nous volons à nos proches et à nous-même. Les parisiens que j’ai rencontré ces derniers mois ont exprimé un fort sentiment d’insécurité. Ils ont aussi évoqué leurs difficultés à trouver une alimentation saine et abordable. Il y a enfin l’image déplorable que la ville renvoie à ses habitants d’eux-mêmes : c’est pour cette raison que la question de la propreté est aussi importante.

Quand on fait la somme de tous ces obstacles, on comprend pourquoi certaines personnes décident de quitter Paris où renoncent à venir s’y installer. Paris doit redevenir la ville du possible.

Si vous vous souvenez de la campagne d’Emmanuel Macron en 2017 et si vous regardez tout ce que nous essayons de faire au gouvernement, on retrouve toujours cette idée d’émancipation : faire en sorte que les gens puissent reprendre le contrôle de leur vie, ne pas être empêchés. Fondamentalement, cela revient à dire qu’on ne peut jamais réussir totalement seul. C’est cette même vision que je veux porter pour Paris.

En quoi cette vision est-elle différente de celle des autres candidats ?

Je pense qu’on ne gagnera pas cette élection en disant simplement : « on va mieux gérer la ville, on va mieux gérer les travaux » ou encore « avec nous les problèmes sur les vélos en libre-service n’auraient pas eu lieu ». On ne gagnera pas non plus en portant un projet totalement abstrait, aussi inspirant soit-il.

Pour gagner la confiance et le cœur des parisiennes et des parisiens, nous devons construire une vision qui ait du sens, l’incarner et la transcrire de façon très concrète dans nos propositions.

Un travail incroyable est en train de se réaliser au sein de La République en Marche pour construire notre programme. Il couvrira tous les aspects de l’action municipale avec des propositions précises et financées.

La principale contrainte pour les parisiens se situe au niveau du logement. Quelles sont vos propositions dans ce domaine ?

Commençons par le cas des plus démunis. Je crois que nous devons et que nous pouvons régler la question de l’hébergement et de la réinsertion des personnes sans-abris dans la capitale d’ici à la fin de la prochaine mandature. Nous devons être extrêmement déterminés sur la question de l’hébergement d’urgence qui est un sujet sur lequel – quoi qu’en dise l’actuelle maire de Paris – l’État et la ville collaborent déjà… mais ce n’est pas suffisant. C’est la raison pour laquelle je souhaite que Paris s’engage complètement dans la politique « un chez soi d’abord». On a longtemps considéré que pour les personnes sans-abris, l’accès à un logement stable était l’aboutissement d’un long travail de réinsertion. Comment voulez-vous vous soigner, trouver un emploi, renouer avec votre famille, régler vos problèmes si vous ne savez pas où vous pourrez passer la prochaine nuit ? Plusieurs grandes villes étrangères, je pense notamment à Helsinki ou à Manchester, se sont engagées dans cette voie. Notre gouvernement a lancé des initiatives importantes dans ce sens et nous savons désormais que cela fonctionne. Nous pouvons maintenant passer à la vitesse supérieure. C’est un projet coûteux mais la solidarité, c’est un investissement ! Je vais donc créer un fonds pour financer cette politique et faire appel à la responsabilité des grandes entreprises et des particuliers qui en ont les moyens. Comme symbole de ma détermination sur le sujet, je verserai tous les mois 20% de mon salaire de maire dans ce fonds. Je crois beaucoup plus à cette politique qu’au mobilier urbain « anti-SDF » qu’on retrouve partout à Paris et dont nous devons avoir honte.

Mais la question du logement ne se limite pas aux sans-abris. C’est un problème qui se pose à tous les parisiens. Les solutions mises en œuvre depuis 15 ans n’ont pas été à la hauteur des enjeux. Lorsque la Ville achète un quatre-pièces au prix du marché pour le transformer ensuite en logement social, elle ne crée pas de nouveau logement, elle dépense juste de l’argent public. Or, du foncier existe encore aux franges de Paris et aux alentours. Maire de Paris, je réunirai une fois par mois l’ensemble des acteurs du privé et du public dans le cadre d’un grand conseil parisien du logement. Chaque mois, nous prendrons les dossiers un-à-un, lèverons les obstacles administratifs et mettrons d’accord tous les acteurs concernés.

Vous avez évoqué la question de la sécurité…

Je crois aussi qu’il est temps de créer les conditions d’une sécurité durable à Paris. Dans chaque quartier une équipe de policiers de Paris sera en relation directe avec le maire d’arrondissement et avec les habitants. Cette police de Paris sera armée pour assurer les conditions de sa propre sécurité. Sa mission sera de mettre fin aux trafics et aux actes de petite délinquance qui peuvent pourrir la vie de nos concitoyens, mais aussi faire le travail de suivi que parfois n’ont pas forcément le temps de faire les forces de l’ordre. Lorsqu’il y aura eu un problème dans un immeuble, les policiers de Paris pourront revenir le lendemain et vérifier que tout va bien.

Quelles sont vos autres propositions majeures ?

La question de notre alimentation est pour moi centrale. Plus que n’importe quelle autre ville, Paris propose à ses habitants un choix très vaste mais souvent à un coût prohibitif. Nous devons nous poser la question : notre alimentation est-elle saine ? Nos habitudes sont-elles responsables ? Je veux utiliser tous les leviers dont dispose la ville pour montrer qu’une autre voie est possible en augmentant encore plus la part des repas bio dans les cantines scolaires, dans les EPHAD et dans tous les établissements qui dépendent de la ville de Paris. Pour y parvenir, nous financerons chaque année des projets portés par des agriculteurs d’Ile-de-France pour recréer une véritable ceinture nourricière autour de la capitale. Nous soutiendrons également l’agriculture urbaine. On sous-estime souvent le rôle de l’alimentation dans la lutte contre le changement climatique : 44% de l’empreinte écologique de Paris est liée à notre façon de nous alimenter. L’urgence écologique nous impose d’explorer toutes les solutions à notre disposition ! C’est là que se situent nos plus grandes marges de progrès.

Enfin, comme sur beaucoup de sujets, la politique parisienne en matière de propreté s’est faite sans les habitants et c’est la raison pour laquelle elle ne fonctionne pas. Les agents parisiens de la propreté font un travail énorme mais ils ne sont pas suffisamment reconnus et la gestion des questions liées à la propreté est encore trop lointaine. Je souhaite que nous soyons tous engagés sur ce sujet. Dans chaque quartier un groupe de cantonniers sera chargé d’assurer la propreté quotidienne. Ces agents seront désormais visibles, connus des habitants et en relation directe avec eux. Lorsque vous connaissez la personne qui nettoie votre rue, je peux vous assurer que vous faites plus attention ! Régulièrement, ces agents organiseront des opérations ciblées avec les habitants pour remettre un état un quartier comme j’ai eu l’occasion de le faire avec les habitants du 19èmearrondissement.

Comment va s’organiser votre campagne dans les arrondissements ?

Nous ferons campagne partout et tout le temps. Traditionnellement à Paris, on considère que les arrondissements de l’Ouest sont acquis à la droite et que l’Est parisien est acquis à la gauche. Les candidats concentrent donc leurs efforts sur les arrondissements qui peuvent basculer pour espérer l’emporter. Ce temps est révolu. Nous porterons nos propositions – les mêmes propositions – dans tous les arrondissements et dialoguerons avec tout le monde. Au-delà de l’impérieuse nécessité de réconcilier les parisiens pour dépasser les a prioriet les clivages partisans, c’est pour moi une question d’éthique politique : ne jamais tomber dans le piège du double-discours, faire preuve d’une écoute et d’une attention inconditionnelles.